Ecomobilité scolaire: le chemin de l’école à la maison est semé d’alternatives

Ce ne sont souvent que quelques centaines de mètres à parcourir mais ils ont une valeur symbolique et pédagogique forte. Il s’agit de la distance qui sépare le domicile de l’école. A pied ce n’est pas grand-chose. En voiture, sous la conduite des parents, c’est un gaspillage d’énergie important, un risque pour la sécurité pour tous, des encombrements et une pollution autour des établissements scolaires dont les enfants sont les premières victimes.

Développer une « écomobilité » responsable figure parmi les objectifs du PDU. C’est également un axe d’action en Ile de France pour l’ARENE, Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies, et pour l’ADEME, Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie. Les premières expériences de « pédibus » ont été un succès. Plusieurs villes pilotes ont repris avec enthousiasme l’idée du bus pédestre : des groupes encadrés par des adultes, généralement les parents, pour mener les élèves en groupe jusqu’aux écoles dans des conditions de sécurité et de convivialité optimales.

Et ça marche. Dans plusieurs villes franciliennes dorénavant les enfants se retrouvent autour de points de ralliement et marchent ensemble jusqu’à l’école. Selon les cas, parents, éducateurs et animateurs municipaux contribuent à la bonne marche de ces transports scolaires simples et respectueux de l’environnement. L’ARENE et l’ADEME accompagnent ces expériences, en aidant à régler la difficile question de la responsabilité des accompagnateurs, mais aussi en conseillant les municipalités dans les aménagements de sécurité indispensables : passages pour piétons, panneaux indicateurs, désencombrement de l’espace devant la porte de l’école etc…

Forts de cette première expérience, les promoteurs de cette « écomobilité scolaire » ont décidé d’aller plus loin. Depuis 2002, l’opération « marchons pour l’école en Ile de France » incite les responsables locaux à des initiatives communes et permet d’engager des dynamiques locales plus durables. Année après année un nombre croissant de collectivités ont rejoint le groupe de villes pilotes pour atteindre une trentaine de collectivités de taille et nature différentes (de Paris à Chanteloup-en-Brie). Au total, entre 2002 et 2004,  c’est une cinquantaine de collectivités qui réfléchissent ensemble et partagent leurs expériences.

Depuis janvier 2005, ce groupe de travail et de réflexion est devenu un réseau d’acteurs franciliens, élargi à tous les types d’établissements (les collèges, les lycées, les universités) et de nouvelles pistes d’action à étudier et expérimenter, telles que  le vélobus, pour des trajets en vélo sur des distances un peu plus longues, le covoiturage etc.

Un atelier le 21 mars

Pour Céline Meunier, co-animatrice du réseau au sein de l’ARENE, l’écomobilité scolaire doit s’intégrer dans une démarche globale. Plusieurs villes ont ainsi mis en place des plans de déplacement d’école. Ceux-ci réunissent tous les partenaires locaux autour de l’objectif de réduction de l’usage de la voiture particulière. La participation des élus, celle des parents et aussi celle des enseignants est gage de réussite. La démarche d’écomobilité bénéficie de la réforme des programmes scolaires qui prévoient dorénavant une formation à la sécurité routière.
La  participation des élus et des techniciens locaux est indispensable. La bonne volonté ne suffit pas. Il faut qu’elle soit accompagnée par des aménagements physiques adaptés pour, principalement, apporter un maximum de sécurité aux usagers.
Dans ce cadre, il est conseillé de désigner, au sein du service technique qui pilote la démarche, un conseiller en écomobilité scolaire, interlocuteur central de tous les partenaires et coordinateur les initiatives.
Pour leur part, les promoteurs, l’ADEME et l’ARENE avec l’appui des membres du réseau, ont mis au point des outils méthodologiques. Des fiches techniques et un CD Rom ont été diffusés. Plusieurs ateliers de travail se sont mis en place autour des différents thèmes identifiés. Une rencontre aura lieu le 21 mars prochain pour réfléchir aux conditions de mise en place d’un plan de déplacements d’école. D’autres ateliers ont été programmés, sur l’organisation pratique d’un ramassage à pied ou à vélo, sur la sécurisation des cheminements scolaires, sur les  actions pédagogiques complémentaires indispensables, sur les aides financières, sur le rôle du conseiller en mobilité scolaire, et sur la mobilisation des enseignants, des parents, des enfants et des autres acteurs locaux, sur les activités péri-scolaires, sur les transports en commun, sur les etc. Des visites et un forum permanent en juin faciliteront également les échanges entre les acteurs à l’échelle de la région.
Le réseau « Partenaires pour l’écomobilité, de l’école à l’université » est ouvert à tous les responsables soucieux de limiter l’usage de la voiture sur les trajets scolaires et autour des établissements et d’une façon générale de contribuer à favoriser les alternatives à la voiture individuelle en ville.

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